Quand le Seigneur vient nous bousculer dans nos petites habitudes... » Ce dimanche 30 mars 2025, nous étions invités à entrer concrètement dans la démarche
jubilaire en devenant des « pèlerins d’espérance » lors d’une marche autour de Jodoigne.
Avant de parler de cette belle journée, je voudrais d’abord revenir sur ce petit « clin Dieu » qui
m’a conduit à y participer. Depuis le début de cette année jubilaire, le thème « Devenir pèlerin d’espérance » me touche profondément. Il résonne en moi avec force, porteur de deux convictions :
1. Celle de la promesse du Christ – Il ne nous abandonne pas, même lorsque le monde
autour de nous semble sombre ou désespérant.
2. Et celle que pour porter du fruit, il nous faut nous mettre en marche, devenir pèlerins,
disciples en chemin à sa suite.
Mais entre être touché par un message et le vivre concrètement, il y a parfois un pas difficile à
franchir…
C’est pourquoi, lorsque cette marche a été annoncée à la fin des messes précédentes, je n’ai pas vraiment réagi. Je ne me sentais pas particulièrement concerné.
Et puis, un jour, un coup de fil : on me demande si j’accepterais d’encadrer un groupe lors de cette marche. Je n’avais rien de prévu ce jour-là, le thème me parlait... alors je n’avais
finalement aucune raison de dire non. Le Seigneur sait bien se faire entendre – et passer par nos frères et sœurs quand Il veut nous rejoindre.
Je suis donc parti pour cette marche sans attente particulière, mais avec le désir sincère de vivre un vrai temps de Carême.
Tout commence à l’église de Saint-Jean-Geest, avec un lancement en musique… mais des micros qui ne fonctionnent pas, des écrans décalés par rapport aux paroles… Et là, premier réflexe intérieur : « Franchement, ils auraient pu vérifier le matériel avant de commencer ! » Mais immédiatement, le Seigneur vient me reprendre dans mon orgueil : l’animateur nous
rappelle que le Christ passe aussi dans l’imperfection. Qu’Il est là, présent malgré – et à travers
– nos limites humaines. Oui, laissons-nous faire, laissons-Le conduire, plutôt que de vouloir tout
contrôler.
La suite de la journée a été un subtil équilibre entre témoignages, partages, recueillement,
magnifiquement orchestré par une équipe pleine de bienveillance et de foi.
Parmi les moments marquants, je retiens en particulier l’intervention de Claude Vonin, comédien et musicien, qui a incarné avec talent Zachée, dix ans après sa rencontre avec le
Christ. À travers anecdotes et récits historiques, il a rendu vivant ce témoignage de transformation intérieure. Et puis, il a enlevé son costume… pour livrer son propre témoignage, bouleversant de vérité, sur la manière dont le Christ a changé sa vie. Un moment fort.
Je ne peux pas tout raconter ici, mais je voudrais encore souligner deux instants inoubliables :
• Le temps de réconciliation à l’église Saint-Lambert : une dizaine de prêtres qui confessent sans interruption, certains entre eux pour commencer, dans un climat de
recueillement profond, en adoration devant le Saint Sacrement, portés par une animation musicale simple et priante. Il était là, au milieu de nous.
• Et enfin, la messe à Saint-Médard, concélébrée par une vingtaine de prêtres. Quelle émotion de les voir tous tournés vers le tabernacle, en prière, lorsque le calice y fut remis après la communion… Une liturgie magnifiquement introduite par Claude Vonin dans une relecture vivante du récit des disciples d’Emmaüs.
Je suis rentré de cette journée le cœur renouvelé. Et avec cette conviction : quand on ouvre son
cœur, quand on accepte de se mettre en chemin à sa suite, le Seigneur est vraiment là. Vraiment